• on 6 mars 2015

La vie consacrée aujourd’hui au Bénin : situation, défis, interpellations… (1)

1. Clarification conceptuelle

Depuis la publication du Code de Droit Canonique de 1983, l’Eglise distingue deux familles au sein de ce qui pourrait être présenté de façon générique comme « la vie consacrée » : les instituts de vie consacrée (instituts religieux et instituts séculiers) auxquels il faudrait ajouter la vie érémitique et l’ordre des vierges, et les sociétés de vie apostolique.

L’exhortation apostolique Vita Consecrata de 1996 ajoute à ces catégories les veuves consacrées (n° 7) (cf. Can. 570 du Code des Eglises Orientales) et ce qu’elle appelle les « nouvelles expressions de la vie consacrée » ou les « formes de vie consacrée nouvelles ou renouvelées » (expériences originales, à la recherche de leur identité propre en attendant d’être officiellement reconnues par le Siège Apostolique) (cf. n° 12).

Le champ conceptuel ainsi délimité par le magistère de l’Eglise nous amène à garder constamment à l’esprit trois choses quand nous parlons de vie consacrée :

         les familles canoniquement définies : instituts religieux, instituts séculiers et sociétés de vie apostolique,

         les formes nouvelles de vie consacrée en recherche d’identité canonique,

         la réalité large des « personnes consacrées » qui déborde tout cadre institutionnel.

Au sujet de cette dernière catégorie, il convient de préciser ce qui suit : Tout chrétien est d’abord un consacré au sens propre et fort du terme, du fait même de son baptême. Il est baptisé et donc consacré dans l’Unique consacré, le Christ. Sur cette base, certains fidèles laïcs peuvent s’engager à vivre leur baptême dans le célibat sans pour autant l’exprimer par une demande particulière. D’autres laïcs, au contraire, veulent signifier ce choix du célibat de manière explicite, par exemple par un engagement privé ou des vœux privés (can. 92). Ils peuvent le faire après en avoir parlé avec un confesseur ou un prêtre qui peut aussi les relever de cet engagement privé. Ce sont donc des « laïcs consacrés », à titre individuel ou dans le cadre d’une association de fidèles, etc. Ces laïcs consacrés ne sont pas à confondre avec les membres des instituts séculiers qui prononcent les trois vœux de façon institutionnelle, même si la discrétion qu’exige leur sécularité n’en fait pas une cérémonie grandiose ou ouverte à la manière des instituts religieux. Inversement, des vœux privés peuvent être reçus au cœur d’une assemblée solennelle, même présidée par un Evêque. Canoniquement les vœux sont « privés » quand l’Eglise n’est pas garante de l’engagement de l’association envers la personne qui s’engage, ce qui n’est pas le cas d’une profession faite dans le cadre d’un institut canoniquement érigé. Ce qui confère le caractère « public » aux vœux, c’est l’engagement juridique formel de l’Eglise (cf. Can. 1192).

Lorsque nous parlons de vie consacrée aujourd’hui au Bénin, laquelle de ces trois catégories est le plus fortement interpellée ? A quel niveau les risques d’un dérapage sont le plus perceptibles ? Quelle conduite l’histoire de la vie consacrée nous inspire-t-elle en face de tels risques ?

Avant d’aborder ces différents points, faisons d’abord l’état des lieux.

 

Rd Père Edouard ADE

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