• on 18 août 2014

La Béatitude de la Pauvreté

« Bienheureux les pauvres par l’esprit,  parce que le royaume des cieux leur appartient. » (Matth., V, 3)

Au premier abord, on ne voit pas le rapport qui existe entre la pauvreté par l’esprit (ou pauvreté par aspiration) et le don de Crainte*. Quel est donc ce rapport entre cette pauvreté que nous inspire le Saint-Esprit et le don de Crainte ?

* On peut traduire « pauperes spiritu » ; pauvres par l’esprit, ou pauvres d’aspiration. En effet, il y a en présence deux esprits : l’esprit de Dieu et le nôtre. Si nous traduisons « spiritu » par : notre esprit, nous pouvons dire: pauvreté d’aspiration; si nous y voyons l’Esprit de Dieu, nous disons : pauvreté inspirée par l’Esprit de Dieu. Mais pauvreté d’aspiration et pauvreté par l’inspiration du Saint-Esprit, c’est tout un. Car, si notre esprit a des aspirations de pauvreté, c’est l’Esprit de Dieu qui les lui inspire.

I. – Don de crainte et pauvreté d’esprit

Rappelons nous que le don de Crainte n’est pas le don de crainte servile, qui est chez beaucoup un don de Dieu, mais qu’on trouve chez les pécheurs. Le don du Saint-Esprit au contraire ne se rencontre que dans les âmes qui aiment déjà Dieu; il a pour effet de nous rapprocher de Dieu comme d’un Père et, afin d’éviter de nous séparer de lui, de nous jeter dans ses mains pour faire de nous ce qu’il voudra.

La première chose que le Saint-Esprit fera sera de nous prémunir contre le seul obstacle sur la terre qui puisse nous faire quitter la volonté divine, à savoir, notre volonté pécheresse, notre amour du péché. Or, l’amour du péché se nourrit d’objets, sans quoi il ne peut pas vivre: le monde, nos propres passions lui fournissent les richesses avec lesquelles il entretient sa vie. Quel est cet aliment ? Saint Jean dit : « Tout ce qu’il y a sur la terre est concupiscence des yeux, concupiscence de l’esprit, concupiscence de la chair (I Jean, II, 16). » Il y a sur la terre, dans le monde – ce monde que Notre-Seigneur déteste –, des objets qui nous attirent et qui favorisent la concupiscence de la chair par les tentations inférieures, la concupiscence des yeux par les biens de ce monde, la concupiscence de l’esprit par l’orgueil, l’indépendance. Dans le monde, il n’y a pas autre chose, et c’est pourquoi Notre-Seigneur l’a haï, avec ces trois attraits qui tendent à soustraire au règne de Dieu, pour nous faire pécher, nos désirs, nos aspirations, notre volonté.

L’inspiration de la Crainte de Dieu nous arme contre notre volonté pécheresse, nous arme contre ces trois concupiscences qui vont vers les richesses du monde, en nous détachant des objets de ces concupiscences : détachement de la chair, détachement de l’indépendance immodérée, détachement des richesses. Or, cela, c’est l’esprit de pauvreté. Le mouvement de haine de notre volonté pécheresse, d’aversion pour tous les biens dont elle se nourrit, que nous inspire la crainte parfaite, se traduit par un sentiment, une volonté d’appauvrissement vis-à-vis de tous ces biens.

Quelle différence avec l’esprit du monde qui, dans une poursuite effrénée, se rue sur les plaisirs, les honneurs, l’indépendance, la fortune. L’Esprit de Dieu est une tendance justement opposée. Saint Paul dit : « Ce qui était pour moi – au point de vue humain – un gain, je l’ai regardé comme immondice (Philipp., III, 8). » Tel est le renversement que produit en nous l’Esprit de Crainte; ce qui est l’objet de nos désirs charnels devient pour nous un objet d’horreur; nous nous détournons parce que nous craignons, même en l’acceptant dans une mesure modique, de nous y agglutiner, et de nous séparer ainsi de Dieu notre Père, parce que nous craignons sa justice qui nous attend et que nous n’avons de refuge qu’en lui et de sécurité que dans cet esprit de pauvreté qu’il nous inspire vis-à-vis de tout ce qui pourrait nourrir notre volonté pécheresse.

Ainsi se raccorde le don de Crainte avec la béatitude des pauvres par l’esprit.

II. – Le mouvement essentiel du don de crainte

Voici un trait bien représentatif de ce que murmure au fond de l’âme l’Esprit de Crainte, lorsqu’il inspire ce sentiment, ce désir de pauvreté envers tout ce qui fait l’objet de la concupiscence humaine. Nous le trouvons dans la vie de saint Benoît-Joseph Labre, vie plus admirable qu’imitable et qui n’est pas celle d’un homme vivant en communauté. Ce saint avait un culte, une passion pour la pauvreté. Or, quand il mendiait et qu’on lui donnait quelque chose, au moment où on allait le servir, il disait : « Peu, peu », craignant toujours de recevoir trop et de faire des réserves. Lorsque ce pauvre de Dieu fut au moment de sa mort, il murmurait quelque chose; on se pencha pour l’entendre et on recueillit encore ces mots : « Peu, peu. »

C’est ce petit mot que, en face de toute concupiscence du monde, nous murmure le Saint-Esprit. Peu ! Ce qui est nécessaire suffit; le reste, il n’en est pas besoin. Saint Paul disait dans le même sens : « Ayant de quoi nous nourrir, soyons contents (I Tim., VI, 8). » La règle de saint Augustin veut que nous mettions notre étude à diminuer nos besoins plutôt qu’à augmenter nos ressources, et elle nous en estime plus heureux. C’est, sous toutes ces formes, la même inspiration de Dieu qui, par des touches divines, vient inspirer dans notre âme le désir d’appauvrissement des biens du monde. « Il nous inspire la négligence de toute créature, afin que le Créateur puisse être trouvé », dit l’Imitation, Et cela revient à ce que dit saint Augustin : « Toutes les fois que chez nous la concupiscence diminue, l’amour de Dieu augmente (St Aug. « De Doctrina Christiana, III, ch. 10; Liber de Diversis Quaestionibus, 83, q. XXXVI). » L’amour de Dieu régnera pleinement quand la concupiscence sera nulle.

Mais il faut que ce mouvement de détachement, d’appauvrissement, provienne bien de l’inspiration du Saint-Esprit. Il ne faut pas qu’il provienne de la raison orgueilleuse; ainsi en fut-il pour Diogène qui, voyant un jour un homme boire dans ses mains, brisa le petit vase qu’il avait conservé comme indispensable, le jugeant désormais inutile; cet homme avait mis son orgueil dans son appauvrissement. C’est au contraire par amour de Dieu, sous l’inspiration divine de l’Esprit de Crainte, que nous nous éloignons du péché, de toute source du péché. Nous sommes les enfants de l’Esprit de crainte et nous avons en lui un auxiliaire dans nos combats.

III. – La pauvreté des aspirations, auxiliaire de l’état religieux

Cette lutte contre les trois concupiscences fait le fond de l’état religieux. L’état religieux n’est pas autre chose que l’amour éminent de Dieu qui va, non seulement jusqu’à s’abstenir de ce qui est contraire à l’amour de Dieu, le péché, mais à sacrifier même ce qui est permis et parfaitement légitime. Il s’établit par les vœux : vœux d’obéissance, de pauvreté, de chasteté, qui sont des engagements, que nous prenons solennellement pour toujours, de renoncer aux trois concupiscences : l’indépendance de la volonté, les biens de ce monde, le plaisir. Ainsi, par le détachement de ces choses, la promesse et la pratique quotidienne que nous en faisons, nous arrivons à maîtriser les concupiscences et à dégager l’amour supérieur de Dieu, de manière à toujours progresser dans cet amour.

L’Esprit de Crainte, pour autant qu’il nous inspire ce désir d’appauvrissement, est identique à l’esprit de l’état religieux. C’est le même esprit, sous deux formes. Si le Saint-Esprit seul nous inspire cet appauvrissement, c’est simplement la bonne vie chrétienne. Ce que recherche l’esprit religieux, c’est ce qu’inspire l’Esprit de Crainte.

Sous l’influence du don de Crainte, nous nous retrouvons donc dans le terre à terre de notre vie quotidienne, dans ces différents exercices, ces sacrifices que nous avons à faire, par la pratique des vœux, pour diminuer en nous l’attrait des objets de concupiscence. La matière de nos actes est la même, seul l’esprit diffère. Au lieu de lutter contre chaque détail pour acquérir l’esprit de dégagement vis-à-vis des objets de nos attaches, pour réprimer nos pensées d’orgueil, notre esprit d’indépendance, au lieu de chercher à réduire les difficultés une à une, nous recevons l’Esprit de Dieu qui, fondé sur un plus grand amour, nous inspire un détachement général. Il nous murmure ce mot : Peu, peu, en quoi que ce soit. S’il s’agit d’indépendance : peu; d’attachement à nos aises et à nos facilités : peu; de concupiscence du cœur, d’affection humaine : peu… En tous les domaines : peu, Il nous instruit sur l’ensemble, non pas sur un détail. Il nous pousse avec une insistance toute-puissante, et si nous lui livrons l’entrée, nous irons jusqu’au bout de la perfection. Sa touche diffère du travail de mineur que nous sommes obligés de faire nous-mêmes habituellement : détacher chaque jour, bloc par bloc, dans l’obscurité de la foi, par devoir, tout ce qui s’oppose à l’union divine. Ce travail est excellent cependant et nécessaire, car le Saint-Esprit n’est pas obligé de toujours agir en nous selon ses dons. Mais si l’âme vit dans son atmosphère, aimant de plus en plus, se mettant toujours plus en ses mains, elle deviendra de plus en plus impressionnable, elle éprouvera un désir général et puissant d’appauvrissement et arrivera ainsi aux petits détachements de la vie religieuse.

Tous nos grands saints en étaient là. Lorsque saint Dominique voyait les pitances des frères trop fortes à son gré, les bâtiments trop confortables, son cœur s’exhalait fortement. A un chapitre, il voulait qu’on laissât l’administration des biens aux frères convers afin de favoriser le dépouillement. Après l’établissement des constitutions, il demanda à ses frères d’accepter sa démission, il ne voulait pas être maître : cela le préoccupait. Peu, disait-il à sa manière, qui allait jusqu’à laisser tout pour partir chez les Cumans, au bout du monde.

Saint François d’Assise est le type de l’amant de la pauvreté, il était vraiment le pauvre du Bon Dieu, travaillé par l’esprit d’appauvrissement; c’était comme un souffle violent partant du fond de son âme et l’accompagnant toujours, il veut que lui et les siens soient toujours plus détachés à tous les points de vue: pauvres dans la nourriture, le vêtement, les demeures, se faisant mendiants. Il ne veut en rien avoir affaire avec tout ce qui est l’objet de la concupiscence.

Notons qu’il ne s’agit pas ici de pauvreté sous forme de vertu, par laquelle on fait des sacrifices. Cette forme est excellente. Mais c’est ici la pauvreté qui vient du Saint-Esprit; c’est comme un souffle qui dessèche, qui pousse le cœur au détachement.

Notre Seigneur est le modèle; il nous prêche la pauvreté sous toutes ses formes : « Que celui qui veut venir après moi, dit-Il, se renonce, qu’il vende ses biens… Et qu’il me suive. » Il veut nous inculquer cet esprit fondamental. L’Esprit de Crainte nous le fait retrouver, il nous le communique comme conséquence de l’amour, C’est cet esprit d’appauvrissement total qui veut que, tout en gardant ce qui est nécessaire pour faire notre œuvre, nous n’y soyons pas attachés et nous nous dépouillions du reste.

IV. – Pratique

Voyons quelques-uns des devoirs qui sont la conséquence de cet esprit de pauvreté.

  1. Les biens matériels. – L’esprit de propriété n’a pas beaucoup de matière dans une communauté. Cependant, même dans les mieux régies, il y a des reprises quelquefois sur les biens possédés : ce ne sont pas des choses considérables, mais on n’en a pas fait remise aux mains des supérieurs, on n’a pas demandé les permissions nécessaires. Certes, ce n’était pas grand-chose que ce morceau d’étoffe qu’un religieux de saint Bernard avait gardé pour rapiécer son habit. Cependant, le saint fit venir ce religieux au milieu de la communauté, à Cîteaux, et lui donna une correction formidable. Saint Bernard n’avait pas de cruauté, mais il avait le sens de cet esprit d’appauvrissement qui est au cœur de l’Évangile; il se disait : Si je faiblis, nous seront désorientés; le Christ a dit d’être pauvres, nous l’avons accepté par nos vœux, et ce fait est un véritable scandale. – C’est là un exemple, et les exemples sont précieux en ce qu’ils mettent les choses à leur maximum d’intensité.

    En matière de pauvreté, il faut donc ne rien posséder, sinon avec permission. Il faut même, vis-à-vis de ce qu’on possède, être détaché. Si donc il y a des intrusions, des accaparements, si on nous prend ce qui est à notre usage, nous ne devons pas entrer en état d’indignation, manquer à la charité, avoir des pensées amères, comme il arrive parfois, quand on nous arrache les pauvres petits biens de ce monde qui nous sont laissés.

  2. Les honneurs et les distinctions. – Dans la vie religieuse, rares sont les occasions de s’élever aux honneurs et aux distinctions, et les supérieurs eux-mêmes sont avertis par la règle qu’ils ne sont pas des maîtres, mais plutôt des pères qui doivent être heureux de se met
    tre au service des autres. Cependant, il peut y avoir quelquefois des sentiments d’élévation. D’abord intérieurs: nous cherchons à nous relever à nos propres yeux, parfois en abaissant les autres. Ensuite, nous affirmons même au dehors nos capacités, par notre confiance en nos jugements, nos appréciations. Voilà notre naturel, nous sommes des créatures humaines et non des anges. Mais en face, le Saint-Esprit murmure le mot de l’Imitation: Aime à être inconnu et compté pour rien. C’est sous une autre forme la pensée du bienheureux Labre: Peu. Peu d’honneurs, peu d’estime, au point de vue même de la valeur de notre jugement, afin de ne pas donner un aliment à notre concupiscence, de ne pas alimenter notre volonté pécheresse, par crainte de commencer une séparation d’avec Dieu. Tel est l’objet du don de Crainte. Plus nous nous détacherons, plus nous serons assurés de ne pas nous séparer de Dieu. Lui seul compte; nous ne devons pas alimenter la concupiscence de l’orgueil.

  3. L’obéissance. – Nous ne sommes pas faits pour obéir, mais pour commander à notre rang, sous le gouvernement de Dieu, à qui seul nous devons en définitive obéissance. Cependant, nous n’avons pas voulu conserver la maîtrise personnelle de nos actes; nous avons vu qu’il y avait dans cette maîtrise un piège, et qu’en nous fiant à notre vue pour nous conduire, nous serions mal conduits: nous avons fait, par nos vœux, abdication de notre liberté, nous ne nous appartenons plus pour tout ce que nous impose notre Règle, pour le fond même de notre vie. Nous pourrons bien encore remuer quelques petites pailles dans des détails qui ne sont pas prévus par la Règle. Mais pour le fond, tout est prévu; notre supérieur peut exiger tous les renoncements à notre volonté propre. Si nous avions l’esprit d’appauvrissement, nous irions au-devant de ces renoncements, il n’y aurait plus besoin du commandement des supérieurs pour nous y pousser: nous chercherions de plus en plus la soumission, la dépendance sous toutes ses formes. En suivant les inspirations du Saint-Esprit, nous serions portés à faire, au point de vue de l’obéissance, plutôt plus que moins, avec toutefois les réserves de la prudence… Jamais les inspirations du Sainte Esprit ne vont contre les lois certaines de la prudence, pas plus que contre l’obéissance ou contre la Règle. C’est le Saint-Esprit qui nous a donné la Règle, qui nous a donné la prudence; il ne peut pas nous inspirer de nous en détacher. Ceci s’applique en toute matière, mais c’est surtout en matière de pauvreté qu’on pourrait être porté à être imprudent.

  4. Les affections humaines. – Enfin, nous ne devons pas laisser libre cours aux pensées d’affection, aux regrets des affections humaines. C’est la pauvreté du cœur qui nous met au-dessus des atteintes qui nous peuvent venir par les affections, et de celles, plus inférieures, qui nous peuvent venir par le chemin des sens… L’âme pénitente s’écarte des choses douces pour se complaire dans les amères, par amour pour Dieu, afin d’éviter d’être jamais séparée de lui.

Cet esprit de pauvreté tient en peu de chose, il est comme le grain de sénevé de l’Évangile. Il se contente de nous murmurer, tout au fond, ce tout petit mot: peu. Mais ce petit mot est quelque chose de très puissant. Par lui, nous sommes prémunis contre toute concupiscence, avant que l’occasion se présente, et si elle se présente, de suite, nous sommes en bonne forme pour la repousser, Il est au fond de nous-même, cet Esprit, comme un flair, un tact qui nous avertit des occasions d’alimenter notre volonté pécheresse, d’enrichir nos concupiscences, de courir le risque de nous séparer de Dieu, et qui aussitôt nous en retire en nous faisant dire: peu, le moins possible. Cela sans exagération toutefois, selon la voie commune; la manière vertueuse qui est pratiquée autour de nous, Tel est l’Esprit de Dieu, le don de Crainte.

Les âmes qui, dans la vie religieuse en particulier, sont très sensibles aux touches de cet Esprit et qui, partant, recherchent toujours moins que plus, en toute matière temporelle, auront une grande récompense. « Bienheureux ceux qui sont pauvres par l’esprit, parce que le royaume des cieux est à eux. » Ces âmes n’ont qu’à persévérer, elles sont déjà dans le chemin infaillible; même si elles ne les tiennent pas encore d’une façon définitive, les richesses des cieux sont à elles cependant. Ces âmes ont accepté l’esprit d’appauvrissement, elles l’ont conservé, elles ont dit : Je regarde tout le créé comme immondice, je ne veux plus avoir de commerce avec les richesses inférieures; tout leur trésor est en Dieu, elles possèdent le royaume des cieux ! Ce n’est sans doute qu’un commencement, un don inférieur. Mais le Saint-Esprit qui les tient sous son souffle ne les abandonnera pas, et, par ses autres inspirations, les faisant monter de perfection en perfection, il les conduira jusqu’à la possession définitive du royaume des cieux dont la pauvreté en esprit renferme déjà l’espérance certaine.

Extrait de Le Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne du Père A. GARDEIL, O.P. cf. http://www.foi-et-contemplation.net/themes/Esprit-Saint/Saint-Esprit-Vie-Chretienne.php

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